L’art de chercher une aiguille dans une botte de foin

Fouilla mes belets ! 

Y a un rapporte-paquet qu’a dit au poste qu’au Palais de Tokyo à Lutèce, le Sven Sachsalber (j’peux pas le saké) il avait guenillé pour faire une œuvre z’artistique appelée : « Lou quingue fort au nideûl »… Par chez nous c’est plutôt looking for a Lidl, pas !
Ben, y s’est échargné à jeter des poignées de foin à la grataille pendant 36 heures et faire que faire, il l’a décarruchée son aiguille, il est bien avancé mainant, té. Et pour gagner quoi ? Des fifrelins.
Il a dit aux papelards qui badaient dans le muséoum : « J’ai voulu montrer que l’impossib’ était possib’… »
Millapiat il a biché le martingot le bravounet !

C’est que des z’oeuvres, il en fait d’abonde c’t’arpette* d’artiss’ et ça vaut son pesant de rigottes, rien que des trucs complétement mazots, j’vous esplique :

  • Il a chicoté des champignons vénéneux au lieu de se faire une belle momellette aux mousserons ou aux rosés des prés, j’te dis pas, y devait avoir le du-fils qui chantait, le galavard.
  • Il a passé une nuit avec une vache dans sa chambre, sacré nez de bœuf non mais de quoi j’mamelle ! Mon pépé de Saint-Cham’, quand il était berger à dix ans au Collet, y dormait ben avec… Y dit que ce qui serait le mieux pire ça serait de dormir dans la même chambre sans cafuron que la Ninette, la vieille fille boujue qui reste en face de chez eusses. C’est que la Ninette ê sent pas l’anis étoilée.
  • Il a scié une branche sur laquelle il était assis. À mon avis c’était un « arbre à came », pas ?

Mon pépé de Saint-Cham’, ça lui fait tirer peine de voir déprofiter ces 600 kilos de foin. Quand tu penses que le Mich de Bonzieux il est obligé de rédimer ses bestiaux et kèzont tout juste de quoi pour faire leurs petits vachats…

Enfin baste de ça, c’est pas mes affaires…

Mon pépé de Saint-Cham’, c’est pas un bobo qui s’la pète mais des z’artistiques modernes, il en fait des pleins cuchons au quotidien. Tenez, hier, y sortait de l’amicale, bon il avait un peu chaud aux manettes, vlatipa qu’un aboursi à casquette le fait descendre de son deux-roues sans Gépéesse (attendu que le vélocipède y connaît le chemin par cœur) : contrôlage des papiers et soufflage dans le ballon…

Mon pépé de Saint-Cham’ il a dit au p’tit boulard : « T’es drôle mon gars t’as mangé un clown c’matin ? » (Oui des fois mon pépé y parle comme les djeun’s !) « Tu viens de faire deux z’artistiques sans le savoir : couper les cheveux en quatre et péter plus haut que ton cul ! Mais comme tuvous m’êtes particulièrement sympathique je vais te montrer du travail d’artiss’ :

  1. je prends la mouche
  2. j’te file une belle passe-crassane dans ta tronche 
  3. j’te taille les oreilles en pointes
  4. je prends mes jambes à mon cou
  5. et je vais dormir sur mes deux oreilles (œuvre très difficile à réussir même si on fait dodo face au mur). »

Rien que du chef d’œuvre en terrils… Pas !
Le p’tit bleu mange-graillon, y s’est mis en caisse direct et y s’noircit en famille depuis mêcredi.

Alors mon pépé il a dit : « Ya pas à dire, avec l’art-thérapie on est franc benaise… »
Ma mémée a commencé à lever les yeux au ciel : « Vouilla de lui, un vrai pataquès… »

Mais entention, mon pépé de Saint-Cham’ y a deux z’artistiques ki fera jamais : mettre de l’eau dans son vin et lécher les bottes de la fine fleur !

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